23 juin 2007
Réflexion: le parage naturel est-il naturel?
J'aime bien m'interroger et décortiquer la signification des mots.
Et depuis un
certain temps je me demande si le parage naturel à proprement parler a
vraiment du sens.
Qui dit naturel, dit ce qui se fait naturellement donc sans l'intervention de l'homme. Logiquement...
Mais
alors, justement, le parage naturel peut-il prétendre l'appelation de
naturel car il n'y a rien de naturel là-dedans puisque c'est l'homme
qui intervient?
La nuance est dans le fait que l'homme intervient
pour essayer d'imiter ce que la nature aurait fait en "sculptant" le
pied du cheval.
Et puis c'est là que je m'interroge encore et
encore: reproduit-il si bien le naturel? Le parage est-il adapté à tous
les chevaux? Entre toutes les techniques proposées, il y a de quoi en
perdre son latin. D'un côté on nous dit une chose, de l'autre une autre
et c'est très contradictoire finalement!
Pourquoi une méthode serait-elle meilleure qu'une autre et deviendrait LA méthode à appliquer?
Bien
sûr, je ne veux pas attaquer les différentes méthodes ou les comparer,
ce n'est pas le but, ceci n'est qu'une réflexion, une ouverture
d'esprit.
Et je me dis: ne devrions-nous pas adapter notre parage en
fonction de chaque cheval, ses particularités? Et surtout ne
devrions-nous pas écouter ce que le pied du cheval a à nous dire?
Finalement,
ferrer était devenu si normal, si habituel qu'on a acquis celà comme
une nécessité sans se demander si c'est bien ou pas pour le cheval.
Pour le parage naturel, j'ai bien peur que ça soit pareil....
On
applique une méthode à TOUS les chevaux sans se demander si c'est bien
ou mal, sans se poser la question de savoir si elle convient à son
cheval ou pas.
Pour en arriver à cette réflexion, celà m'a pris du temps.
D'abord
l'initiation en faisant un stage, puis de très nombreuses recherches et
lectures (notament en parcourant des sites anglophones très riches
d'informations), puis en observant comment évoluaient les pieds de mon
cheval au fil des parages. Et ce qui a commencé à me faire sérieusement
réfléchir, c'est la vitesse de pousse de la corne des pieds de mon
cheval. Je parais selon ce que j'avais appris en rognant les barres
jusqu'au niveau de la sole, en abaissant les talons, en taillant la
fourchette, en raccourcissant la pince si nécessaire etc...
Et peu
de temps après (10 jours) j'observais une grosse croissance de corne
partout où j'avais touché. Et là je me suis dit que c'était bizarre,
comme si la nature essayait de reconstuire ce que moi j'avais
"détruis"! Il y a de quoi perdre un peu patience car il faudrait du
coup parer tous les 10 jours si on s'en tient au "modèle" de parage à
suivre!!
Et puis, fidèle lectrice et même abonnée du magazine Cheval au Naturel qui d'ailleurs a été le point de départ de l'aventure pied nu pour moi et ce, comment j'en suis arrivée à renier les fers. Donc je lis dans le dernier no 8, un article de Pete Ramey sur les barres et le parage naturel. Et là, ça colle totalement avec ce que je pensais!! Je fais mienne la réflexion de Pete Ramey! Ajouté à celà, je viens de faire parer mon cheval par un maréchal et il en resort que mon cheval a mal aux pieds après parage! Je me dis que finalement, il allait mieux avant. Certes le parage du maréchal n'est pas "naturel" mais quand même....
Au final, je me dis que le mieux est de toucher le moins
possible au pied du cheval et de laisser la nature trouver son juste
équilibre par elle-même. Rester à l'écoute de ce que me racontent les
pieds de mon cheval. Pourquoi finalement parer de trop en enlevant
barres et en creusant la sole? Pourquoi la nature a-t-elle créé les
barres si c'est pour que nous les enlevions au moindre dépassement de
la sole? Telle est la question...
Et pareil pour la sole: sa pousse
ne serait-elle pas un moyen de protéger le pied, pour qu'il ne soit pas
sensible? Creuser pour avoir de la concavité? Je suis sceptique
aussi... La concavité se fait aussi d'elle-même en fonction du terrain
alors pourquoi forcer les choses? Quant à la fourchette, vue sa
consistance, elle a surtout un rôle d'amortisseur un peu comme les
coussinets d'un chien, alors pourquoi y toucher?
Je pense que chaque élément du pied pousse en fonction des propres besoins du cheval et s'use en proportion.
Bien
entendu, il ne s'agit pas de ne plus du tout parer. Celà ne serait
possible que si le cheval parcourait de nombreux kms chaque jour pour
s'auto-parer. La plupart de nos chevaux domestiques n'ont pas cette
chance. Alors parer, oui, mais parer un minimum sans vouloir en faire
trop et perturber l'équilibre que le pied se construit de lui-même, là
je suis d'accord.
En observant les pieds de mon cheval et en ayant
eu des problèmes de seimes en pince et de ligne blanche étirée, je sais
que le plus important est de garder des talons suffisament bas (la 3ème
phalange est alors parallèle au sol et c'est physiologique) et de
raccourcir la pince si elle dépasse de trop la ligne blanche, pareil
pour la paroi, l'idéal étant de les ramener au niveau de la sole ou à
quelques millimètres au-dessus. Celà dans le but d'éliminer les effets
de levier responsables des seimes et de la ligne blanche étirée.
Terminer par un mustang roll. Pour le reste, si barres et fourchettes
paraissent trop hautes, il faut se dire que celà se régulera au fil du
temps, naturellement. On peut les tailler légèrement si vraiment elles
dépassent le niveau de la paroi, sans exagérer. On peut faire aussi un
léger scoop pour permettre au pied de s'aplatir plus facilement mais il
faut se dire que le cheval se le fera si besoin.
Je ne veux pas
dire qu'il faut arrêter de suivre à la lettre les méthodes de parage
dites naturelles mais qu'il faut plutôt essayer d'intervenir le moins
possible. Voilà où en est arrivée ma réflexion: en faire le moins
possible finalement dans le respect du pied du cheval.
Vous en pensez quoi?
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