12 juin 2007
Pat Parelli
Depuis quelques années, on entend parler de chuchoteurs et d'éthologie dans le monde du cheval. Celà vient tout droit des Etats-unis et on l'a découvert en France grâce au film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux".
Ces méthodes se basent toutes sur une approche différente du cheval, pour en faire un partenaire dans le respect et la confiance et pour ensuite parvenir à une relation harmonieuse et complice.
De tous ces chuchoteurs et nouveaux maîtres comme on les appelle, le plus connu et peut-être le plus représentatif est Pat Parelli. Sa méthode est basée sur l'utilisation de 7 jeux que je vais détailler ici, d'après des textes trouvés sur internet.
PAT PARELLI
LES 7 JEUX
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Jeu n°5 : jeu du cercle (the circling game)
Lien vers la vidéo: http://video.tinypic.com/player.php?v=15rf5oi
But du jeu : Apprendre au cheval à avancer sans changer d'allure ni de direction jusqu'à la prochaine demande. La plupart des gens croient qu'il s'agit d'une séance de longe, mais le jeu du cercle est beaucoup plus que cela. C'est un exercice autant mental que physique, où le cheval apprend que maintenir l'allure jusqu'a ce que vous lui demandiez d'en changer est de sa propre responsabilité. Mettez votre cheval sur un cercle, et demandez-lui de trotter, par exemple. Le secret de ce jeu consiste a le laisser tranquille tant qu'il fait ce que vous voulez. En revanche, quand il modifie son attitude, imposez-lui quelque chose. A chaque fois qu'il change d'allure (par exemple, s'il repasse au pas, ou se met au galop), ramenez-le au centre, et renvoyez-le sur le cercle. Faites cela aussi souvent que nécessaire. Il apprendra ainsi que rester sur le cercle, sans modifier son attitude, est le meilleur moyen de garder son confort. Pensez a demander 2 tours minimum, 4 tours maximum. s'il peut effectuer 2 tours a la même cadence, sans aide ni intervention, cela prouve qu'il montre du respect et de la responsabilité. Au-delà de 4 tours, un cheval commence a s'ennuyer. Si vous voulez qu'il fasse plus de 4 tours, soyez imaginatif et utilisez des obstacles, un sol inégal, différentes longueurs de longe, etc. N'oubliez jamais d'aborder les choses du point de vue du cheval ! D'une façon générale, pensez a le longer avec originalité : faites-lui enjamber une barre ou un tronc d'arbre, traverser un ruisseau, contourner un abreuvoir... Jeu n°6 : jeu du déplacement latéral (the sideways game)
Lien vers la vidéo: http://video.tinypic.com/player.php?v=15rfbis
But du jeu : Déplacer le cheval latéralement. Ce jeu permet de bien capter l'attention du cheval. Au mieux votre cheval reculera et fera des pas latéraux, au mieux il fera tout le reste ! Votre cheval étant en longe, vous pouvez vous entraîner a le mobiliser latéralement. Une longe de 6,50 mètres est idéale pour commencer. Positionnez-le face a un mur ou une barrière, pour l'empêcher d'avancer, et tenez la longe assez loin du licol. Demandez-lui de s'écarter de vous latéralement, en faisant tournoyer le bout de la longe alternativement en direction de son nez (zone 1) et de son arrière-main (zone 4). Au bout de quelques instants, votre cheval va déplacer une partie de son corps, puis l'autre. Progressivement, il se déplacera d'un seul bloc, et vous n'aurez même plus besoin d'alterner le balancement de la longe vers chaque zone. Il vous suffira de faire tournoyer la longe en direction du milieu de son corps pour qu'il fasse le rapprochement, et s'écarte latéralement. En fait, si vous avez bien maîtrise le jeu de "chasse-chasse" (jeu n° 3, cf article précédent ), vous devriez même être capable de le faire se déplacer sur une simple sollicitation gestuelle (doigt pointe en direction de son oeil pour lui suggérer de s'écarter). Lors de ce jeu, assurez-vous qu'il se déplace latéralement aussi bien a droite qu'a gauche. Les chevaux étant souvent plus réceptifs d'un côte que de l'autre, n'hésitez pas a travailler davantage le côte le plus " raide ". Jeu n°7 : Le jeu du corridor ou jeu du passage étroit (the squeeze game)
Lien vers la vidéo: http://video.tinypic.com/player.php?v=15rfe3q
But du jeu : Rendre le cheval plus courageux. Parce qu'ils sont claustrophobes, les chevaux détestent les espaces étroits ou confines : passer une porte, se faufiler dans une stalle de soins vétérinaires, monter dans un van étroit, etc., tourne parfois a la catastrophe. Ce jeu aidera votre cheval a être plus audacieux dans ce genre de situation. Placez-vous face a un mur ou une barrière, a une distance d'environ 6metres, et demandez a votre cheval de passer entre vous et la barrière, en utilisant les techniques habituelles de "latéral longeing" : si le cheval est a votre droite, étendez votre bras gauche pour lui suggérer de le "suivre", et avec la main droite faites tournoyer le bout de la longe en direction de son garrot. S'il recule, ne cessez surtout pas de faire tournoyer la longe, mais continuez le mouvement, quitte a être un peu "traîné" sur quelques mètres. Assurez-vous que vous lui offrez du confort de l'autre côte du "corridor", en laissant suffisamment de jeu a l'extrémité de la longe. S'il est passe sans problème, félicitez-le, puis réduisez la distance et faites-le passer a nouveau. En revanche, s'il a montre des difficultés pour passer, répétez l'exercice avec la même distance, jusqu'a ce qu'il comprenne qu'il n'y a aucun danger. Plus votre cheval devient confiant, plus vous réduirez l'espace, jusqu'a atteindre un écart d'environ 90 centimètres entre vous et la barrière. Ensuite, faites-le tourner, et invitez-le a revenir dans l'autre sens. Entraînez-vous jusqu'a ce que le passage se fasse sans difficulté aucune, dans les deux sens, et même a différentes allures. |
Ethologie?
L'Ethologie...Mais qu'est-ce donc?
Venus pour la plupart d'outre atlantique, ceux que nous appelons les nouveaux maîtres ou chuchoteurs ont répandus un courant de pensées novateur en terme de relation et de travail avec les chevaux.
Mieux connaître la nature intrinsèque du cheval pour anticiper ses réactions et agir en conséquence, changer son mode de fonctionnement pour se faire accepter par le cheval en tant que partenaire et non en "prédateur", responsabiliser sa monture pour la laisser gérer une certaine autonomie et prendre part au travail de façon active, créer un langage du corps et tirer profit de la gestion de l'espace sont autant de principes récurrents d'un chuchoteur à l'autre.
Les nouveaux maîtres suscitent des réactions passionnelles dans le monde du cheval. Les journaux leur consacrent des articles dans lesquels ils débourrent des poulains en deux heures, rééduquent des chevaux difficiles ou dangereux, montent sans brides...
Certains, conquis, ne jurent plus que par le licol en corde et le carrot-stick et renient leurs acquis antérieurs. D'autres leur reprochent leur côté mercantile (certes souvent fort développé) et répètent à l'envie qu'ils n'ont rien inventé, que les fondements de l'équitation classique sont bâtis sur la même philosophie...
Qu'en est il réellement?
S'il est vrai que les nouveaux maîtres n'ont rien inventé et qu'à travers les âges, il s'est toujours trouvée une élite d'hommes de chevaux, d'écuyers, de dresseurs qui ont su instaurer une relation de qualité avec leur monture, basée sur la confiance et le respect mutuel, on ne peut néanmoins nier qu'eux seuls ont su codifier une démarche, systématiser un comportement afin d'apporter ces connaissances au plus grand nombre. Ce qui était réservé à un cercle fermé, distillé avec parcimonie, préservé jalousement car acquis à force d'expérience, de technique, de ressenti et d'intuition est aujourd'hui exposé en une méthode accessible au grand public.
On assiste dès lors à un véritable changement des mentalités: de nombreux déçus du système, déplorant le peu de place dévolu à l'animal dans l'enseignement de l'équitation, trouvent leur compte dans cette pratique où le travail à pied et en liberté occupe une place prépondérante. La fédération en a bien saisi l'importance et s'est emparée du créneau en créant les savoirs éthologiques, examens spécifiques à la discipline. Tout un chacun peut dès lors, s'initier aux méthodes des nouveaux maîtres. Mais qui dit méthode, dit limites car un être vivant ne rentre pas obligatoirement dans des cadres établis. Passer de moyens de pression physiques à des moyens de pression psychologiques est assurément un progrès à la condition, cependant, que la personne qui les utilise le fasse en toute connaissance de cause et à bon escient. Car il ne faut pas perdre de vue que les sévices psychiques peuvent êtres bien pires que leurs homologues physiques...
Le plus dur avec les chevaux n'étant pas de savoir s'il faut résister ou céder mais quand passer de l'un à l'autre...
En définitive, si vous voulez vous initier à ces pratiques, imprégnez vous des publications scientifiques des éthologues*, gardez un oeil critique par rapport à ce que l'on vous enseigne, ne bridez pas votre intuition et écoutez ce que le cheval murmure à vos oreilles: lui seul détient la vérité!
*L' éthologie est la science du comportement de l'être vivant.
20 août 2007
Le cheval sans mors (les effets du mors)
D'après: http://www.equibonheur.com/cheval-naturel.php?menu=c
Le cheval "naturellement" - Le cheval sans mors par Dr. Méd. Kai Stensrod
L’homme ne maîtrise pas la nature par force mais par compréhension.

Générale
La bouche du cheval est très sensible, et une pression sur la mandibule
nue, derrière les canines et devant les molaires, est douloureux. De
nos jours, on cherche de plus en plus à collaborer avec nos chevaux
plutôt que de les subordonner totalement. On cherche même à les
comprendre et à les chuchoter pour avoir leur avis sur le traitement
qu’ils subissent. On recherche des selles sans arçon pour ne pas avoir
des points de pression sur leur dos et on commence à comprendre les
effets néfastes des fers à cheval. Il est alors extraordinaire qu’on
utilise toujours l’instrument de torture qui est le mors dans la bouche
du cheval. Sur ce point, nous continuons de communiquer avec le cheval
par une méthode qui lui inflige beaucoup de douleur. Il est évident que
le mors n’est pas du tout nécessaire pour communiquer avec le cheval,
il n’est qu’un vestige hérité de coutumes anciennes, et ceci a été
démontré par de nombreux entraîneurs de chevaux de pointe.
La conduite
Le cheval est un animal de fuite et il va courir pour échapper à la
douleur, même l’anticipation de la douleur. Si la douleur persiste, ou
même augmente quand le cavalier tire encore plus sur le mors, la
douleur devient une panique qui à son tour fait que le cheval
s’emballe. Le cheval est maintenant aveuglé de peur et n’a que la fuite
en tête. En tant que cavalier on est dans une situation de danger grave.
Effets sur la bouche
Le mors repose sur la mandibule. Cette mandibule est recouverte de, et
dépend pour son alimentation de son périoste, une couche tissulaire
très fine qui accommode des vaisseaux sanguins et des nerfs. Il est
ensuite couvert de la muqueuse buccale, un tissu très sensitif de 2 mm
d’épaisseur. La pression exercée par le mors varie avec le type de mors
et la force appliquée par le cavalier ou le meneur. Le mors comprime
alors la muqueuse buccale et le périoste, ce qui oblitère les vaisseaux
sanguins et donne des inflammations. Ces périostites entraînent à son
tour des ossifications sur le bord supérieur de la mandibule. Le nerf
mandibulaire sort de l’os à cet endroit. Il conduit les sensations de
la mandibule, de la lèvre inférieure et de la joue.
Effets sur la tenue et la fonction locomotrice
On peut dire que le cheval avec mors est un « boiteux de bouche ». Il
essaie d’éviter la douleur et adapte une position non physiologique de
la tête, ainsi que des mouvements divers pour échapper aux douleurs. Il
y a un rétrécissement par réflexe des voies respiratoires supérieures,
ce qui diminue le transport d’oxygène dans les poumons, et par
conséquence diminue l’oxygénation du sang. Le cheval se fatigue plus
vite, et des accidents sont plus fréquents. Une performance maximale du
corps n’est pas possible à cause d’un métabolisme réduit.
Effets sur la fonction respiratoire
Le cheval avec mors essaie de se débarrasser de ce corps étranger et il
produit de la salive par réflexe. Sa respiration est handicapée à cause
du conflit des réflexes « avaler » et « respirer », puisque le larynx
est à moitié fermé. L’air utilisé est retenu dans les poumons, et la
rétention de CO2 donne une acidification du sang avec des conséquences
métaboliques correspondantes. Le pharynx représente le passage entre la
cavité buccale et l’œsophage mais l’endroit est aussi à considérer
comme la division en voie respiratoire et voie digestive. A ce niveau
il y a des réflexes qui ferment la voie digestive ou la voie
respiratoire dépendant de la fonction demandée. S’il y a de la
nourriture (ou autre chose comme un mors) dans la bouche, le réflexe
d’avaler se prépare et la respiration est interrompue dans les voies
respiratoires profondes. Si par contre l’animal est en mouvement et a
besoin de beaucoup d’oxygène, la salivation et le réflexe d’avaler sont
arrêtées et les voies respiratoires sont libres et élargies. La nature
n’a pas prévu de manger en simultané avec des mouvements rapides. Si
l’animal a quelque chose dans la bouche, sa physiologie le veut au
calme sans aucune raison de courir, avec une respiration petite et
calme, et avec la production de salive pour une digestion optimale.
C’est de tromper les nerfs et les réflexes d’un animal que de lui
mettre quelque chose dans la bouche et de lui demander de faire en même
temps des mouvements.
Effets sur les dents et le système digestif
Le cheval essaie d’éviter la douleur causée par le mors. Il utilise ses
muscles pour tirer la mâchoire inférieure vers l’arrière. Les dernières
molaires inférieures sont alors moins usées et ils endommagent la
muqueuse de la mâchoire supérieure. C’est à la fois la conséquence
d’une mastication tête haute et un retirement de la mâchoire inférieure
vers l’arrière pour éviter la pression douloureuse du mors. Les dents
doivent alors être revues et limées fréquemment, mais comme elles ont
une croissance limitée, il se peut que le cheval n’ait plus de molaires
et qu’il ne peut plus se nourrir avec sa nourriture de base, à savoir
l’herbe et le foin. Si les animaux ne paîtront pas ils n’usent pas
leurs incisives, elles deviendront trop longues donnant moins de
friction et moins de résistance pour les molaires, qui elles poussent
plus vite. La mâchoire est pressée vers le dehors, l’articulation des
mâchoires commence à faire mal et le processus de mastication normal
n’est guère plus possible. On peut facilement prévenir les problèmes
dentaires des chevaux en les donnant à manger au ras du sol, en les
faisant paître et les monter sans mors. Les animaux vivant libres dans
la nature n’ont pas de tels problèmes, c’est-à-dire que c’est les
humains qui leurs causent ces supplices non nécessaires.
Alors, est-ce plus sûr de monter à cheval avec mors que sans mors ?
Non, au contraire ! Toute restriction de sa liberté d’action et toute
douleur augmente sa tendance à la fuite. En plus, le mors est une
fausse sécurité, car tout effet de control qu’on croit avoir sur
l’animal peut être annulé en un instant par le cheval qui prend le mors
entre ses dents. En conséquence, de monter avec mors est plus dangereux
que de monter sans mors.

Bibliographie :
Cook, W. Robert et Strasser, Hiltrud : Metal in the mouth. The abusive
effect of bitted bridles, Kells, Qualicum Beach, BC, 2003 Strasser,
Hiltrud : Manuel d’orthopédie des sabots du cheval, Kwasten, Fumel, 2005



